mardi 15 juin 2010

La lune apelle la terre

Quand j'étais jeune, ma soeur m'a chanté trop souvent une chanson pleine d'amour fraternelle: "Tite tête d'eau, les oreilles te flottent, bouche ton nez, ça va déborder". Merci mon chameau. Les enfants, quand on leur répète un truc trop souvent, ils finissent par le croire et s'identifier à cela. Par exemple, si on dit toujours que notre enfant est timide, il finira par se coller lui-même l'étiquette de la timidité. J'invente rien, j'ai lu ça dans un livre de psycho-pop-enfant. Bon, en gros, ma soeur, me disais que je n'étais pas vite. Merci.
Aujourd'hui je constate (quelques très rares fois) qu'elle a eu raison. Peut-être que c'est à cause d'elle, à cause de sa chanson, mais bon, je ne le saurai jamais. Alors ce matin, j'ai du lui donner raison. J'ai eu ma première crevaison. J'étais sur l'autoroute. Pendant quelques petites minutes, je me suis dit que ma voiture allait sûrement exploser, faire des tonneaux ou peu importe, ça finirait inévitablement par une mort certaine. Je suis angoissée, je le sais (si vous aviez eu ma soeur, comme soeur aînée vous le seriez vous aussi). Bon, la panique passée, je décide de prendre la prochaine sortie d'autoroute là ou mon enjoliveur (cap de roue) décide de faire un vol plané pour rebondir sur ma porte. Sacré matin de merde. Je finis par me sortir de l'autoroute et je me planque dans une rue relativement sécure. Je cherche mon cellulaire. Oui, un cellulaire, pour appeler à l'aide. Évidemment, je n'ai pas mon cellulaire. Foutu matin de merde. J'attends, j'attends qu'une solution surgisse de nulle part. J'attends qu'un téléphone me tombe du ciel. Je cogite sur la nécessité d'avoir un cell en tout temps. Je réfléchis sur les temps anciens; ma grand-mère, elle faisait quoi elle quand elle avait une crevaison?
Je finis par me prendre en main et j'accoste un inconnu dans la rue pour lui demander de me prêter son téléphone. Il en a un! J'appelle mon frère, mon sauveur, pour venir changer mon pneu. Il fait son travail d'homme avec une dextérité de semi dieu. On arrive au bureau (le bureau c'est très familiale ici). Je m'assois, je fais le saut. Oui, j'ai sursauté. Je n'ai pas fais le saut parce qu'une bête extra-terrestre a surgit de nulle part. Non. J'ai fais le saut, car j'ai sentis vibrer un truc dans ma poche de pantalon. Tu me vois venir là? Ouep. Mon cell était dans ma poche. "Tite tête d'eau, les oreilles te flottent, bouche ton nez, ça va déborder."

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