
En trois mots: intensité, douleur, stress. Ma progression accompagnée en chute (PAC) a commencé en fin de semaine. J'ai eu l'occasion de faire 4 sauts en deux jours. Mon petit cousin en a fait 10 sauts en deux jours et puis il a complété son PAC. À chacun son rythme t'sais. Lui il a beaucoup de talent. Beaucoup.
(vois tu une petite crotte rose dans le ciel?)
Mon premier saut j'étais avec deux instructeurs. Mario et Andrew. Andrew, je l'avais comme instructeur dans le
tunnel et il ne m'aime pas. Mais je vais l'avoir à l'usure. Mario, lui, est gentil. Donc, premier saut, avec les deux instru. qui me tiennent très fort. Si ils me lâchaient je pense que je serais partie en vrille je ne sais pas trop où. Mario me fait le signe de cambrer plus, d'allonger mes jambes, regarde ton altimètre, 6000 pieds, ouvre ton parachute. Mille et un, mille 2, mille et... Clack. Parachute ouvert. Je suis seule dans le ciel de St-Esprit. Je dois faire quoi maintenant? Ha ouais. Mon test visuel. Voilure: rectangulaire: check et... euh?? Quoi d'autre? Je ne sais plus, j'ai le cerveau en compote. Grishhhh, grishhhh dans mon casque (ha oui, heureusement j'ai un contact radio avec le sol): "
Amélie, j'espère que tu as fais un beau saut, fait un test en vol, virage à droite, virage à gauche, maintenant freine. Amélie, je veux te voir freiner, descend les freins jusqu'aux genoux, ok Amélie freine maintenant, tire, tire, encore". Arghhhh! Je le savais que je devais faire un test de freinage. Mais là, à 4000 pieds, mangez de la crotte avec votre freinage. Sinon, sous voilure ça s'est bien passé. J'en ai profité pour admirer la vue maginifique que j'avais. J'ai traversé un nuage. C'était doux (not!).
Arrivée de mon premier saut, Mario me demande de lui raconter mon premier saut. Et là, je pleure. Je pleure ma vie au complet. C'est le stress qu'il me dit, l'émotion. Comme je m'en doutais, ma sortie était poche et je n'étais pas très stable en chute alors on refait le premier niveau donc, prochain saut avec deux instructeurs. Je le supplie de faire le deuxième le lendemain, c'est trop, trop, trop. Demain, ça va aller mieux.
Le lendemain, j'arrive là-bas aussi stressée que la veille. Le ciel est encore pleins de nuages qui se disperseront en journée. Saut 2, 3, 4 sont supers au niveau de la sortie et de la chute. J'ai peur et je n'ose pas trop bouger. Mais la confiance augmente et j'ose faire quelques virages.
Parlons des atterrissages...
Le premier à 60 mètres de la drop zone. Je me suis élégamment éffouarrée dans un champ de blé de 2 pieds de haut. J'ai marché longtemps avec ma voilure sur l'épaule dans du blé trop haut. J'aurais voulu me coucher là et attendre que quelqu'un vienne me chercher. Mais je me suis rappelée que cette situation merdique finirait par finir et que je traverserais ce champ un jour ou l'autre. J'ai revu mon positivisme lorsque j'ai réalisé que je devais absolument traverser un ruisseau d'eau boueuse et très brune. Faut pas réfléchir trop longtemps quand on est entre deux champs d'agricultures. C'est quoi le brun?? Hmm. Ouep.
Deuxième atterrissage, à environ un centimètre d'un trou de 5 pieds. Bon quand on y pense ça très bien été, ça aurait pu être pire.
Troisième, j'ai freiné trop tard et je me suis fait méga mal aux fesses. Maintenant, je marche comme si...(imagine donc ce que tu veux!). Bref, c'est dure. La chute, l'atterrisage et de gérer le stress! Beaucoup plus difficile que je pensais. Mais tellement trippant! J'ai mal à mon corps, mais je suis quand même motivée à recommencer mes sauts samedi. Par contre, là je suis plus stressée par les atterrissages que par le reste.
D'ailleurs, à mon saut #4, je parlais avec Mario dans l'avion et je lui disais: "Bon là, j'ai peur de pleins d'affaires bizarres, comme, mettons mon parachute n'ouvre pas...hein?" Sur quoi il m'a répondu: si jamais ça t'arrive, va-t-en directement au dépanneur avec ton parachute de réserve t'acheter un billet de loterie. Ha-Ha-Ha.
C'est un beau sport, beaucoup plus exigeant physiquement que je croyais et mentalement aussi.